Tous les hommes de tous les temps se sont interrogés sur la mort et son mystère, et bien des théories en sont découlées.
Si nous prenons une succession chronologique, nous trouvons tout d'abord une notion de survie sans grande joie, le défunt n'est plus qu'une ombre qui erre dans le monde souterrain, privé de la lumière du soleil.
Ensuite apparaîtront les philosophes, qui feront une distinction nette entre l'être et le paraître, ou, dis avec d'autres termes, entre l'être et le non-être. Tout individu connaît de multiples changements au cours de son existence, que ceux-ci soient physiques ou intellectuels. En effet, le corps d'un enfant n'est pas celui d'un adulte qui n'est pas non plus celui d'un vieillard. De même, les idées d'un ados ne sont pas celles que le même individu aura passé un certain âge. Pourtant, malgré toutes ces différences, les gens qui le cotoîent le reconnaîtront toujours. En dépit de tous ces changements, l'individu se perçoit comme étant lui-même. L'être ne se situe donc ni dans la matière, ni dans l'esprit. Il est autre, inaltérable, restant identique à lui-même malgré toutes les métamorphoses. Il ne peut être défini ni par le corps, ni par l'esprit qui tous deux relèvent du non-être, du changement. L'être reste donc éminement mystérieux, il imprègne cette part de non-être en nous, il défini ces diverses apparences sans qu'on ne puisse jamais le décrire. Aucun individu ne peut imaginer son être, il ne se voit ou ne se pense que par son non-être. Mais il ressent constamment l'action de l'être, il se sait lui-même. Le but de toute démarche initiatique est d'atteindre consciemment ce mystère en soi, ce petit mystère vécu qui nous relie au grand mystère. Comme le disaient les appoliniens : « Connais-toi toi même et tu connaîtras l'univers et ses dieux ». Cette compréhension de l'indéfinissable en soi, de l'immuable présent au sein du perpétuel changement mène vers une notion de vie après la mort, non plus une ombre sans consistance ayant conservé la forme du corps au moment du décès, mais quelque chose de foncièrement différent dont on ne peut rien savoir.
Parrallèlement, les différentes mystiques de l'Antiquité construiront des théories sur le cheminement de l'âme après le décès. Elle ne quitte plus le corps pour s'enfoncer dans les profondeurs de la terre mais au contraire s'élève dans le ciel. Cela commencera avec les cultes solaires, qui croient que la vie provient du soleil, que la lumière que celui-ci diffuse imprègne le corps et que cela le rend vivant. Lorsque le temps opacifie par trop la matière, la lumière ne le pénètre plus et l'homme meurt. Son âme, comprise comme étant la partie générant les pensées chez l'individu, donc la lumière en lui, quitte le corps et, étant plus légère, est attirée vers le soleil dont elle provient. Elle rejoint ainsi sa source.
Ensuite, viendra une théorie concevant deux âmes, l'une nourricière, que l'on pourrait qualifier d'instinctive, n'ayant d'autre préoccupation que d'entretenir et prolonger la vie du corps qui l'abrite, qui relèverait de la Lune qu'elle rejoint au moment du décès, et l'autre âme, rationnelle, régissant les pensées, qui serait donc solaire et qui bien évidemment rejoint le soleil lorsque la vie s'interrompt.
Ensuite, les cultes astrologiques viendront encore compliquer les choses en concevant sept âmes différentes en l'homme, qui toutes rejoignent à sa mort l'astre dont elles dépendent.
Enfin, les cultes stellaires verront quelques choses d'autres, les sept âmes retrouvent toujours les astres, mais une autre partie, plus subtile, rejoint le huitième ciel, où elle connaîtra une exitence de béatitude.
Ce qui amène les croyances actuelles, où l'âme rejoint Dieu dans son paradis.
Bien. Et c'est là-dessus que tu bases ta vie ? Sur un pari sur l'après-vie ? Et tu es prêt à accepter un nombre incroyables d'interdits, qui te coupent de bon nombre de joies pour connaître, peut-être, le bonheur après ?
Et si tu te contentais de vivre sans te poser trop de questions ? Si tu te contentais de t'adapter aux événements que génère ta vie sans la restreindre par toute une somme de tabous générés par une théorie qui ne peut qu'imaginer ce qui pourrait arriver dans l'au-delà ?
Ad majorem satanas gloriam.
Emeric
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Peu importe finalement le but ou le terme du Voyage, mais avant...



















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