Si vous allez à Bar sur Seine, que vous ne savez pas quoi faire, un dimanche, faites un petit détour par la commanderie d'Avalleur , sur la route de Chaource, au
fond d'une petite route de terre, quelques panneaux vous indiqueront un endroit à visiter, passant devant certains anciens bâtiments


Nous sommes au berceau, à la naissance de ce que sera la future fraternité templière ici, à , Avalleur, en effet, c'est la toute première commanderie templière qui
en connaîtra par la suite bien d'autres, on ne connaît cependant pas sa réelle date de fondation.
Un historien fait mention d'une donation en 1172 d'un habitant de Polisot dit le Cerf, il y a également en 1695 un document unique représentant le plan original de
la commanderie.
Plusieurs seigneurs feront des donations de 1173 à plus ou moins 1300, cela va d'une plantation de vigne jusqu'à des parcelles qui s'étendront aux frontières de la
ville de Troyes, les frères d'Avalleur auront de nombreux contacts avec de nombreuses commanderies des environs jusque dans l'Yonne...
A cette époque on trouvera le joyau de la visite, c'est à dire la chapelle mais aussi une citerne asséchée maintenant dont on peut voir la margelle.
De nombreux autres bâtiments ont maintenant disparus ou il ne reste que des ruines , le donjon, mais aussi le pigeonnier entre autres et toutes les structures des
granges et écuries....
En outre un des ordres militaire les plus prestigieux existant avant les croisades prenait possession des terres au début du XIVè siècle, ce furent les hospitaliers
de Jérusalem, jusqu'en 1309 puis chevaliers de Rhodes et finalement chevaliers de Malte depuis 1530; la légende affirmant que d'anciens templiers qui avaient peut-être pu s'enfuir ou
libérés continuaient d'aggrandir les commanderies qui deviendront finalement des charges religieuses .
Parmi les commandeurs illustres, nous trouvons , Jean de Choiseul dont
le blason se trouve sur le linteau de la fenêtre du corps de logis,
datant du XVI ème siècle il existe encore différentes traces de ce passage , dont les fenêtres à meneaux et la fameuse cheminée bourguignonne qu'il faut voir à travers la fenêtre ...
Ensuite Jacques de Souvre , dont les armes se
trouvent au-dessus de la porte latérale de la chapelle
Jean du Hamel et Edme des Crots d'Uchon au XVIIè siècle et finalement Jean du Fresnoy au XVIIIè et Charles François Cluny de Thénissey dépossédé par les
confiscations révolutionnaires de 1790 .
l'abbé Prud déjà connu pour la construction de la célèbre chapelle de notre dame au chêne un peu plus loin et dont je parlerai plus tard , achète la chapelle en 1865
et, à son décès ses héritiers en feront don ; en 1905 elle sera attribuée à la commune et finalement classée monument historique en 1921, cependant vendue depuis plusieurs générations à des
exploitants agricoles, l'ensemble n'a cessé de se dégrader ...
Parlons un peu de la chapelle, rectangulaire, faisant à peu près 25 mètres sur 6 mètres, elle fut bâtie au XIIè siècle et est de style gothique et roman pour le portail.
Ce qui surprend de prime abord, c'est la manière dont l'édifice est encore conservé, après avoir servi de grange, des peintures modernes y sont exposées chaque années pour faire découvrir des
artistes locaux, d'ailleurs ils en recherchent pour la prochaine saison ...avis à ...
Les voûtes reposent sur des culs de lampes se
trouvant sur les murs latéraux, on peut encore y voir des motifs de personnages ou encore de feuilles végétales en bon état


La simplicité de la chapelle manifestée par son manque
d'abside donne sur un mur totalement plat appelé chevet éclairé par un triplet de forme ogivale,
le sol est recouvert d'énormes pierres jusqu'au 9/10è où l'on se trouve sur de la terre battue et des gravillons;
Sur les côté on découvre
deux petits baptistères dans des niches , 
bien gardés par une redoutable prédatrice ...

on découvre encore des bandeaux polychromes
quasi totalement effacés, décorant les arcs et ogives.
Le plus impressionnant est d'y aller lorsque le vent souffle, nous avons eu cette chance, il y a un son particulier émis qui est le "chant des templiers" dit-on - on croirait
réellement entendre une chorale... j'ai pris une vidéo mais il faudra peut être un jour remasteriser le son qui ne s'entend pas totalement .
Il y a aussi une curieuse pierre, on en trouvait jadis dans les champs, indiquait un chemin, maintenant devenu très rare il a sur chaque côté un symbôle particulier, d'un côté la
fleur de Lys, de l'autre la croix templière

On accède à la charpente par la tourelle fortifiée;
vue ici de l'extérieur
un escalier en colimaçon de 45 marches y mène, les
chevrons dits arbalétriers sont d'époque ( XIIIè) siècle et en bois de châtaignier ressemblant réellement à la coque d'un bateau inversé
Il devait y avoir à l'époque un clocher octogonal, la couverture est maintenant moderne ....

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter la cave,ou plutôt les caves


qui servent entre autre de dépôts à pommes de terre, de la terre battue au sol noire, les soubassements sont de l'époque templière et dans le fond des excavations creusées dans le grès, 6
alvéoles en tout destinées peut être à recevoir les vivres et les conserver; des fouilles ont été organisées mais n'ayant pas apporté la découverte du fameux trésor des templiers .... vu l'état
de délabrement nous ne pouvons d'ailleurs nous enfoncer plus avant ....
A l'extérieur, le
pigeonnier est vraiment devenu une ruine, détruit d'ailleurs assez récemment et redécouvert, il est d'époque templière et comportait 600 nichoirs,c'est dire aussi l'importance de la
commanderie, au-dessous devait se trouver une chambre d'honneur pour recevoir les hôtes de marque.
De la citerne il ne reste plus
que la margelle, elle servait à recevoir les écoulement d'eau de pluie
L'accueil y est très sympathique, deux agréables dames passionnées et bénévoles de l'office de tourisme nous ont accompagné à travers l'histoire de cette
commanderie comme on en trouve encore qu'en France....
Quelques photos encore de la maison , extérieur :


Intérieur .....
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